La recette des tataki de bœuf

Tataki de bœuf

Du bœuf mariné après cuisson, les ingrédients très fiables des assaisonnements asiatiques et c’est tout, vous voilà avec un tataki de bœuf.

Il y a peu, j’ai poussé la porte du boucher mue par une subite envie de viande rouge. A la maison, on n’en mange pas souvent pour ne pas trop faire tourner l’industrie et parce que ça ne correspond pas vraiment à ma façon de cuisiner au quotidien mais tout de même, on aime bien ça.

La poêle magique qui laissait le boucher indifférent

Et puis récemment, il y a eu un événement marquant avec l’arrivée de ma nouvelle poêle : avec elle, je sais que si j’investis dans un morceau de viande, j’aurai les moyens de la sublimer (expression bien bien galvaudée).

Je suis donc entrée chez le boucher toute guillerette, presque convaincue qu’il n’aurait pas de cliente plus enthousiaste de sa journée (c’est sans doute ce que se dit le caviste quand je vais lui acheter de la bière)

Je choisis mon morceau de bœuf « celui dans lequel est piqué l’étiquette s’il-vous-plait » et je commence à lui parler de ma poêle qui est vraiment géniale pour sublimer la viande rouge.

Vous savez quoi ? Il n’en avait strictement rien à carrer de ma poêle de compétition. Mais rien de rien. Je n’ai obtenu qu’un « et avec ça ? » blasé. Et je précise que son accent du sud-ouest ne lui donne pourtant pas un air blasé de base.

Je m’interroge : si le boucher à qui je viens d’acheter de la viande ne s’intéresse pas à ma poêle, qui le fera ? L’obligation de s’intéresser aux poêles des ménagères de moins de 50 ans carnivores n’est pas inscrite dans le serment d’Hippocrate de la boucherie ?

D’autant que je ne suis pas la seule à faire les frais de son indifférence puisque je viens vider mon sac ici. Sur un blog de cuisine lu aussi par des végétariens, qui ont d’autres chats à fouette que lire mes histoires d’amour avec une poêle et un morceau de bidoche (ceci dit, pour ceux qui aimeraient ce genre de déviance, j’ai aussi une histoire d’amour avec une poêle en fonte et un dutch baby).

Mais passons plutôt — et surtout enfin — à la recette. Celle des tataki de bœuf donc, indécemment facile et une de mes façons préférées de déguster la viande un peu crue.

Le bœuf tataki, c’est vraiment un jeu d’enfant

Je n’ai pas la moindre prétention de respecter la recette d’origine et peut-être que même on pourrait appeler ça simplement « bœuf mariné après cuisson dans un style un peu japonais » mais on finirait par ne pas s’en sortir.

Les ingrédients pour un morceau de bœuf de 300g

  • 2 càs de vinaigre de chouchen (en vrai, plutôt du mirin mais je n’en ai plus et ce vinaigre est très bon)
  • 2 càs de sauce soja
  • 1 càs d’huile de sésame
  • 1 càc de sucre
  • un petit morceau de gingembre frais râpé
  • une gousse d’ail râpée
  • un oignon frais émincé (pour servir)
  • un morceau (épais) de bœuf de 300g

Directions

  1. On mélange tous les ingrédients de la marinade
  2. On fait cuire le morceau de bœuf à feu assez vif 1 mn sur chaque face
  3. On laisse reposer la viande 10 mn
  4. On émince le bœuf
  5. On mélange les morceaux à la marinade
  6. On sert avec l’oignon émincé

A partir de là, tout est possible ! Si vous n’aimez pas le gingembre, virez-le, si vous aimez la viande à point, cuisez-la comme ça. Ce sera bon quand même et surtout, et c’est bien le plus important, à votre goût. On voit bien sur la photo que mes tataki ne ressemblent à rien mais est-ce que c’était quand même super bon ? OUI !

Autant vous dire qu’en réalité, je ne mesure absolument rien pour faire la marinade et je ne compte pas les minutes en faisant cuire la viande. Et c’est toujours très réussi (tellement que peux en manger au petit-déjeuner pour vous donner un indice).

C’est aussi la base idéale pour un chirashi, même si je ne sais pas si on a le droit de faire du chirashi au bœuf plutôt qu’au poisson. Du riz assaisonné comme pour les sushis, des crudités, du bœuf et paf, c’est la régalade. C’est pas mal pour manger au travail si vous n’avez pas de quoi réchauffer sur place aussi. Bon si vous mettez de l’avocat, ce sera un peu moins appétissant après quelques heures d’attente mais à vous de voir.

L’avocat c’est quand même une preuve que dans la vie on peut apprendre à aimer les choses — et par extension les gens — telles qu’elles sont à condition d’y trouver son intérêt. « Je suis délicieux mais je noircis plus vite qu’une cheval lancé au galop. Et si vous me quittez des yeux, je peux passer de pas mûr à trop mûr sans que vous ne m’ayez vu venir« . Et un avocat trop mûr, même bien motivée, ça ne fait pas rêver. Quand on pense qu’on peut faire du banana bread avec une banane trop mûre, certains doivent trouver la vie bien injuste.

Et pendant ce temps-là, qui ricane dans son coin ? Le navet, qui doit quand même souffrir d’un sacré syndrome de l’imposteur… Mais moi, navet, je ne rentre pas dans ton petit jeu, et un jour le monde ouvrira les yeux. Ce jour-là je serai là, avec le « je vous l’avais bien dit » que j’aurai gardé au chaud pendant tout ce temps.

« Madame Dansmacuizine ?

— oui ?

— ça se passe bien la philo des légumes ?

— oui, très bien, tu voudras que je t’envoie un exemplaire dédicacé quand je serai éditée ?

— vous avez envoyé un manuscrit à des maisons d’édition ?

— non

— pourquoi ?

— je pense que ça a peut-être un rapport avec le fait que je n’ai pas écrit de livre

— ah ! Alors on a un conseil !

— vas-y

— vous ne devriez pas écrire « la philo des légumes »

— mais je n’ai aucune intention d’écrire ça !

— aaaaah ok… nous voilà soulagés. Vous allez écrire sur quoi ?

— je sais pas. Je pensais tester d’écrire un roman à partir d’une BD ou d’un film. Tu vois, d’habitude, on fait des films à partir des livres et là, paf, c’est l’inverse. Et ça m’évite de perdre trop de temps à inventer une histoire.

— « perdre trop de temps à inventer une histoire », c’est pas le principe de base du roman ?

— ah ben si je n’essaie pas, on ne saura pas

— sinon, il y a la philo des légumes, c’était pas mal en fait cette idée… »

 

Grains de sel

  1. Coucou, question bête= je n’ai ni mirin ni vinaigre de chouchen mais j’ai du vinaigre « alsacien »? ça collerait? Ta poêle mystérieuse a titillé mon imagination….

  2. Ah mais le Melfor sera parfait ! Vive le Melfor 🙂

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